TomIA : le tuteur IA qui rend le soutien scolaire accessible à tous
Pourquoi j'ai créé TomIA, un tuteur IA aligné sur les programmes Éduscol et connecté à Pronote. Du CP à la Terminale, un accompagnement personnalisé pour chaque élève, sans remplacer le prof.
19h30, un mardi soir
Ma mère rentre du travail. Mon petit frère est devant son cahier de maths depuis une heure. Il n'a pas avancé. Elle s'assoit à côté de lui, fatiguée, et essaie de lui expliquer les fractions. Au bout de 45 minutes, elle craque. Elle lui donne la réponse. Il recopie sans comprendre. Tout le monde va se coucher frustré.
Ce rituel, je l'ai vu se répéter des dizaines de fois.
Mon frère n'est pas bête. Il a juste besoin qu'on lui réexplique autrement, qu'on lui pose la bonne question au bon moment, qu'on soit patient quand il bloque pour la troisième fois sur le même type d'exercice. Ma mère, après une journée de travail, n'a plus cette patience. Personne ne l'aurait.
Un prof particulier aurait pu aider. Sauf qu'un prof particulier, c'est entre 35 et 50 euros de l'heure. Deux séances par semaine, ça fait 280 à 400 euros par mois. Pour une famille de classe moyenne, c'est un budget impossible. Le soutien scolaire en France pèse plus de 2 milliards d'euros par an, et cet argent va très majoritairement dans les poches de familles qui n'en avaient pas le plus besoin.
C'est en voyant mon frère galérer que j'ai commencé à construire TomIA.
Le vrai problème n'est pas le manque de contenu
Des cours en ligne, il y en a des milliers. Khan Academy, YouTube, manuels numériques. Ce n'est pas ça qui manque. Le problème, c'est que quand un gamin de 12 ans bloque sur un exercice à 20h un mardi, il n'a personne pour lui poser la bonne question. Personne pour lui dire "OK, tu bloques ici, mais est-ce que tu te souviens de ce qu'on a vu sur les proportions ?" et le guider vers le raisonnement.
ChatGPT pourrait aider, non ? J'y ai pensé. Sauf que ChatGPT fait exactement ce que ma mère faisait quand elle craquait : il donne la réponse. Un élève qui tape son exercice dans ChatGPT obtient la solution en 10 secondes. Il recopie. Il n'a rien appris. Pire, il a perdu l'habitude de réfléchir.
Ce dont les élèves ont besoin, ce n'est pas un moteur de réponses. C'est un tuteur patient qui les guide vers la compréhension sans jamais leur donner la solution toute cuite.
TomIA ne donne pas la réponse
C'est la règle fondamentale du projet. TomIA utilise la méthode socratique : au lieu de résoudre l'exercice à la place de l'élève, il pose des questions. "Qu'est-ce que tu sais déjà ?", "Quel théorème pourrait t'aider ici ?", "Tu as essayé de dessiner un schéma ?" Il décompose le problème en étapes, reformule quand l'élève ne comprend pas, et ne lâche rien jusqu'à ce que le raisonnement soit clair.
Ça marche du CP à la Terminale, sur 11 matières : maths, français, histoire-géo, physique-chimie, SVT, anglais, et d'autres encore. Pour chaque niveau, j'ai construit une base de plus de 250 documents pédagogiques alignés sur les programmes officiels Éduscol. Ce ne sont pas des pages Wikipédia aspirées. Ce sont des documents structurés : définitions, théorèmes, méthodes de résolution pas à pas, erreurs courantes des élèves pour chaque notion, objectifs pédagogiques.
Cette base est le coeur du système. Quand un élève pose une question, TomIA ne cherche pas sur Internet et n'invente pas sa réponse. Il interroge cette base avec un système de recherche hybride qui combine des embeddings vectoriels et du BM25 pour retrouver les documents les plus pertinents. Ensuite seulement, il formule sa réponse pédagogique en s'appuyant sur ces documents vérifiés. C'est ce qu'on appelle le RAG, Retrieval-Augmented Generation. Ça réduit drastiquement les hallucinations, ce problème des IA qui inventent des informations avec un aplomb déconcertant.
Connecté à la vraie vie scolaire
TomIA se connecte à Pronote. Ça change tout. Au lieu d'un outil générique qui ne sait rien de l'élève, TomIA sait où il en est dans son programme, quelles notes il a eues, quels devoirs il doit rendre. Quand un élève de 4ème ouvre TomIA le dimanche soir, l'IA peut lui dire "Tu as un contrôle de maths mardi sur les équations du premier degré. On s'y met ?"
L'élève peut aussi parler à TomIA. Littéralement. La fonctionnalité voix permet de discuter comme avec un vrai tuteur, d'écouter les explications. Pour les plus jeunes qui tapent encore lentement au clavier, ou pour les profils auditifs qui retiennent mieux en écoutant, ça fait une vraie différence.
L'application mobile est disponible sur iOS et Android. L'idée, c'est que l'élève puisse réviser dans le bus, dans sa chambre, n'importe où. Pas besoin d'un ordinateur.
Les données des enfants, ce n'est pas un détail
Toutes les données sont hébergées en France. Conformité RGPD complète, chiffrement de bout en bout. Quand on travaille avec des données de mineurs, la sécurité n'est pas une feature qu'on ajoute à la fin. C'est un prérequis non négociable.
Le résultat
Mon frère a gagné 3 points de moyenne en maths en deux mois. Est-ce que c'est uniquement grâce à TomIA ? Difficile de dire. Mais ce que je sais, c'est que ma mère ne passe plus ses soirées à s'énerver sur des fractions. Et mon frère a repris confiance. Il ose réessayer quand il se trompe, parce que TomIA ne soupire pas, ne s'impatiente pas, ne donne pas la réponse pour en finir.
C'est ça que je voulais construire. L'équivalent d'un grand frère patient, disponible à n'importe quelle heure, qui connaît le programme scolaire sur le bout des doigts et qui ne facture pas 40 euros de l'heure. Pas un remplaçant du professeur. Un complément. Un filet de sécurité pour les familles qui n'ont pas les moyens ou le temps de payer un tuteur humain.
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L'application est en ligne. Pour la découvrir :
Si vous êtes parent, enseignant, ou que le sujet vous intéresse, je serais content d'en discuter. Réservez un créneau ou écrivez-moi. Ce projet est né d'un problème personnel et chaque retour d'un parent ou d'un prof me permet de l'améliorer.