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CDI ou freelance dev en 2026 : mon bilan après 2 ans d'indépendance

5 min de lecture

En avril 2024, j'ai quitté mon CDI pour devenir freelance. Deux ans plus tard, voici ce que j'ai appris — en toute honnêteté.

En mars 2024, je terminais mon CDI chez Capsens, une fintech parisienne où j'avais passé deux ans entre alternance et poste. Le mois suivant, je lançais mon activité freelance. Pas de filet. Pas de client signé à l'avance. Juste la conviction que c'était le bon moment.

Deux ans plus tard, je peux faire un vrai bilan. Pas la version LinkedIn où tout est génial et où chaque difficulté est une "opportunité d'apprentissage". La version honnête.

Les bonnes surprises

La diversité des projets, d'abord. En CDI, je travaillais sur une seule codebase pendant des mois. En deux ans de freelance, j'ai touché à de l'EdTech, de la fintech, du e-commerce, de l'audiovisuel. Chaque projet amène des problèmes différents, des stacks différentes, des façons de penser différentes. Mon profil technique a plus évolué en deux ans de freelance qu'en deux ans de CDI. Pas parce que le CDI était mauvais. Parce que la variété accélère l'apprentissage d'une manière qu'un poste fixe ne peut tout simplement pas reproduire.

La relation client directe, ensuite. Plus de chaîne hiérarchique entre moi et la personne qui a le besoin. Quand un client me dit "j'ai besoin de ça", je pose les questions immédiatement, je propose une solution, et on avance. La quantité de friction et de malentendus que ça élimine est difficile à quantifier, mais elle est massive.

Et puis la liberté d'organisation. Je travaille mieux le matin. En CDI, les réunions tombaient quand elles tombaient, souvent à 10h pile au milieu de mon pic de concentration. En freelance, je bloque mes matinées pour le deep work et je mets les calls l'après-midi. Ma productivité a augmenté sans travailler plus d'heures. C'est juste une meilleure allocation des heures que j'ai déjà.

Les parties difficiles

L'irrégularité des revenus. Il faut en parler parce que c'est le sujet que tout le monde évite dans les posts "Je me suis lancé en freelance". Certains mois sont excellents. D'autres sont calmes. Au début, les mois creux font peur, même quand le solde moyen est bon. Il faut apprendre à lisser mentalement et financièrement. Mon conseil, et je suis catégorique là-dessus : ayez 3 à 6 mois de trésorerie avant de vous lancer. Pas négociable. Pas "je verrai bien". Trois à six mois.

Le commercial. En CDI, le travail arrive tout seul. En freelance, il faut le chercher, le qualifier, rédiger des propositions, relancer des prospects qui ghostent après un premier appel enthousiaste. Ce n'est pas du développement, et pourtant ça prend 15 à 20% de mon temps. J'ai fini par apprendre à aimer cette partie, mais ça a pris du temps et beaucoup de propositions commerciales envoyées dans le vide.

La solitude. Le bureau open-space ne me manque pas. Le bruit encore moins. Mais les conversations techniques spontanées autour d'un café, ça oui. En freelance, ces échanges ne se produisent pas naturellement. Il faut activement les chercher : coworking, meetups, communautés en ligne. Si vous êtes du genre introverti qui ne fait pas l'effort, l'isolement peut devenir un vrai problème.

Les chiffres du marché

Le marché freelance IT est en croissance, avec +18% de missions par rapport à l'an dernier. Les TJM moyens pour un développeur full-stack tournent autour de 400 à 550 euros par jour, avec des pics à 700 ou 800 euros pour les profils spécialisés DevOps ou IA.

Le remote a redistribué les cartes. On n'est plus obligé d'être à Paris pour travailler avec des clients parisiens, même si la proximité reste un avantage pour décrocher les premiers contrats.

CDI versus freelance, sans dogme

Le CDI n'est pas un piège. Le freelance n'est pas la liberté absolue. Ce sont deux modes de travail avec des compromis différents.

Le CDI convient mieux à ceux qui veulent une stabilité financière garantie, qui aiment progresser dans une équipe sur le long terme, qui préfèrent se concentrer uniquement sur le code sans se soucier de trouver des clients. C'est un choix respectable et parfois le meilleur choix.

Le freelance convient mieux à ceux qui veulent de la variété, qui sont à l'aise avec l'incertitude financière (ou du moins capables de la supporter), qui aiment le contact client direct et l'autonomie totale sur leur organisation.

J'ai fait mon choix. Mais je ne prétends pas une seconde que c'est le bon pour tout le monde.

Ce que je ferais autrement

Le contenu, d'abord. Le blog et les posts LinkedIn sont devenus mon meilleur canal d'acquisition, et de loin. J'aurais dû commencer dès le premier mois au lieu d'attendre six mois en me disant que "ce n'est pas le moment".

Dire non, ensuite. Au début, on accepte tout par peur du vide. J'ai pris des projets mal cadrés, sous-payés, avec des clients qui ne savaient pas ce qu'ils voulaient. Chaque mauvais projet m'a appris quelque chose, c'est vrai. Mais j'aurais préféré l'apprendre sans les nuits blanches.

Et un bon comptable dès le jour un. Pas trois mois après. Pas "quand j'aurai le temps de chercher". L'administratif est l'ennemi silencieux du freelance, et un mauvais comptable coûte infiniment plus cher qu'un bon.

Deux ans après

Est-ce que je referais le même choix ? Oui. Sans hésiter. Non pas parce que tout est parfait. Mais parce que les galères du freelance sont des galères que j'ai choisies. Et ça change tout.

Vous hésitez à vous lancer, ou vous cherchez un freelance qui comprend vos enjeux ? Parlons-en.

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